Pour tenter d’échapper au blues de l’automne, rien de tel qu’un séjour sur l’île portugaise connue pour la douceur de son climat et ses nombreuses possibilités de randonnées. Confronté pour la première fois à un départ solitaire, il est tentant pour moi de faire appel à une agence de voyage pour intégrer un groupe. Le soucis de garder une grande liberté reprenant le dessus, le choix est fait d’organiser le séjour avec les outils habituels. De plus, compte tenu des changements rapides de météo sur l’île, il est bon de pouvoir garder de la souplesse pour adapter en conséquence le programme. Madère étant en Europe, pas de formalités particulières à accomplir alors, c’est parti !
Organisation
Comme d’habitude donc, le guide du Routard et les sites classiques permettent de commencer à voyager avant le séjour. La réservation du vol Orly/Funchal est faite chez Transavia qui propose un « panorama du mois » permettant de choisir facilement les meilleurs tarifs, ici 274 euros aller/retour avec les bagages en soute. La voiture louée sera prise et rendue au guichet Avis de l’aéroport après réservation chez bsp-auto.com moyennant 136 euros pour 9 jours, réduction Routard incluse. Quatre hébergements sont sélectionnés par l’intermédiaire de booking.com. Pour la description des randonnées, le guide Rother complète efficacement le Routard. De plus, il permet de télécharger les traces GPS à lire par exemple avec l’application Visiorando.
Circuit
Le choix est fait d’effectuer le tour de l’île plutôt que de rayonner autour d’un lieu de séjour. Les hébergements sont déterminés en conséquence : trois nuits à Funchal, deux à Jardim do Mar, deux à Seixal et deux à Porto da Cruz pour 50 à 60 euros par nuit petit déjeuner compris.
Funchal et ses environs
Mardi 17 septembre : après une arrivée spectaculaire, un peu en mode porte-avions, à l’aéroport et la prise en charge d’une magnifique Clio rouge quasi neuve chez Avis, en route pour Funchal pour l’installation à l’hôtel Mariazinha.



Très bien situé dans la vieille ville, rue Santa Maria, l’hôtel est malgré tout très calme. La seule contrainte est d’avoir à garer la voiture dans un parking payant proche. La journée se poursuit avec la visite de la ville, du marché des Laboureurs (Mercado dos Lavradores), du front de mer et de la marina. De ces lieux animés se dégage une réelle impression de sérénité. Agréable surprise au retour, par un petit mot gentil déposé dans la chambre, le personnel de l’hôtel me souhaite un bon anniversaire !
Mercredi 18 septembre : journée téléphérique, celui de Funchal jusqu’à Monte, la bien nommée, puis celui qui redescend vers le Jardin Botanique, visite très agréable du jardin puis retour par le même chemin sans tester la folklorique descente en traîneau d’osier guidé par deux « Carreiros ».








Randonnée sur les sommets
Jeudi 19 septembre : très belle route bordée de végétation de Funchal vers la station radar du Pico do Ariero puis randonnée « sportive » d’environ 12 kilomètres du Pico do Ariero au Pico Ruivo. Forts dénivelés et beaucoup de marches en montée et descente. Très beaux points de vue à plus de 1800 mètres d’altitude. Circuit numéro 34 du guide Rother.








Par contre, quelle frustration d’abandonner pour cause de brouillard 20 minutes avant le Pico Ruivo ! Il aurait fallu se lever une heure plus tôt. Le retour en voiture est très pénible : strictement aucune visibilité en plein jour à cause du brouillard. Content de retrouver le soleil en bas à Funchal…
La côte sud
Vendredi 20 septembre : départ vers l’ouest en longeant la cote sud, premier arrêt à Camara do Lobos, sympathique village de pêcheurs aux embarcations colorées et aux odeurs de poisson séché.



Non loin, halte à l’impressionnant belvédère de Cabo Girão d’où l’on surplombe l’océan depuis un plancher de verre aménagé en haut d’une falaise de 580 mètres. Juste le temps de faire les photos, le brouillard monte très vite.




En continuant, détour jusqu’au téléphérique de Fajã dos Padres qui permet l’accès à un havre de paix où, après avoir traversé une plantation d’arbres fruitiers : bananiers, manguiers, vignes, on arrive à une plage de galets et un restaurant tranquille au bout du chemin.






Après deux arrêts à Ribeira Brava puis à Praia da Calheta, super étape pour deux nuits dans le charmant village piéton de Jardim do Mar à l’hôtel du même nom.




L’ouest de l’île
Samedi 21 septembre : découverte de la partie ouest de Madère en essayant d’éviter le brouillard et la pluie avec un premier passage au Phare de Ponta do Pargo sous un épais brouillard. Plus au nord, descente spectaculaire de 451 mètres par le téléphérique d’Achadas da Cruz en frôlant la paroi abrupte de la falaise. En bas, visite pendant une éclaircie d’un coin paisible un peu en dehors du temps, Fajã de Quebrada Nova.







Nouveau passage au phare pour admirer sous le soleil les falaises de la pointe ouest, ça change du matin où la visibilité était nulle !





Retour à Jardim do Mar et agréable soirée au sympathique Joe’s Bar après avoir flâné dans les ruelles piétonnes surplombant l’océan..
La côte nord
Dimanche 22 septembre : route agréable par la montagne pour rejoindre Porto Monitz. On y croise plus de vaches que de voitures. Beaux points de vue en arrivant sur la station touristique de Porto Monitz avec ses piscines « naturelles » ou aménagées.







Après-midi ensoleillé propice à une marche d’une douzaine de kilomètres à partir du château d’eau de Lamaceiros, au dessus de Porto Monitz, en suivant la Levada da Central. Par définition pas de dénivelé mais tunnels pas très confortables à traverser, beaux points de vue sur la Ribeira da Janella. Randonnée sympathique et bien aménagée mais pas spectaculaire, retour par le même chemin. Circuit numéro 60 du guide Rother.






Étape pour deux soirs à Seixal, pas forcément la meilleure idée du séjour. En cette saison calme, Porto Monitz aurait été plus adapté en particulier en soirée.
Lundi 23 septembre : journée randonnée avec dans un premier temps la très fréquentée et incontournable Levada des 25 sources « PR6 25 Fontes » qui commence par une longue descente sur la route interdite aux véhicules depuis le parking jusqu’au poste forestier de Rabaçal. Très beau parcours d’environ 3 heures avec un dénivelé de 320 mètres jusqu’au cirque rocheux et les fameuses sources. Retour par (presque) le même chemin et navette possible mais non testée pour remonter de la maison forestière au parking. Circuit numéro 51 du guide Rother.







La météo étant favorable et disposant encore de temps, enchaînement avec une autre randonnée d’environ une heure et demi pour atteindre le sommet du Pico Ruivo do Paul à 1640 mètres. Ici au contraire, grande solitude et merci au GPS pour confirmer un chemin très étroit dans des ajoncs de plus de deux mètres de haut. Arrivée au sommet juste à temps pour admirer le point de vue et redescendre par l’autre côté avant que le brouillard ne monte de l’autre vallée. Circuit numéro 45 du guide Rother.








Retour à l’hébergement pour la douche puis « soirée » bien méritée à Porto Monitz pour bénéficier d’une terrasse de resto sympa devant les piscines avant de rejoindre la chambre d’hôte de Seixal.
Mardi 24 septembre : départ vers l’est en longeant le plus possible la côte quand la route est praticable : São Vicente, Ponta Delgada, Boaventura, repas de midi à São Jorge, Santana. Pause au Parque das Queimadas et petite balade à pied vers la Caldeirão Verde.






Trajet en voiture jusqu’au parking de l’Achada do Teixeira, départ de la montée au Pico Ruivo, mais plus le temps de faire l’ascension de 2 heures malgré les bonnes conditions météo. Poursuite de la route jusqu’à l’étape pour deux nuits de Porto da Cruz à l’hôtel Costa Linda, face à l’océan.




La presqu’île de São Lourenço
Mercredi 25 septembre : ciel gris et pluie ce matin pour le dernier jour complet sur l’île, le programme prévoit la randonnée de 3 heures sur la presqu’île de São Lourenço, ça se tente. Bonne idée, car une fois sur place plus de pluie. Le ciel est gris, ce qui ne gâte rien quand il n’y a aucun coin d’ombre. Circuit numéro 12 du guide Rother.










Retour vers Porto da Cruz pour la visite de la distillerie de rhum, propice à quelques achats de produits locaux, et dernière soirée sur l’île.


Jeudi 26 septembre : bouclage de la valise et en route pour l’aéroport de Santa Cruz. Restitution sans problème de la voiture et décollage comme prévu vers Paris.


Retour et bilan
Après l’escale de Porto, nous arrivons avec une vingtaine de minutes d’avance à Orly ce qui permet de prendre un bus pour Montparnasse et de finir le trajet en métro.
Madère, île volcanique facile d’accès, par la variété de ses paysages est une excellente destination. Un programme modulable selon la météo permet de profiter aussi bien des paysages grandioses du front de mer très découpé que des panoramas depuis les sommets de l’intérieur. On peut y apprécier l’accueil, le calme et la tranquillité, la facilité de circulation et un choix exceptionnel de randonnées répertoriées et très bien balisées. Sans aller jusqu’à paraphraser le slogan parfois utilisé « Madère est l’île où le printemps vient passer l’hiver », septembre était une très bonne période pour ce séjour. Par contre c’est confirmé, partir en solo n’est pas trop mon truc…
